Le 12 mars aura lieu le conseil communal de la Ville de Bruxelles. J’ai posé la question suivante. J’espère recevoir quelques réponses instructives. En tous cas, je ne manquerai pas de vous tenir informés.

Lors du précédent conseil communal, il a été confirmé que la traversée pour les voitures, au travers de la berme centrale du Quai du Commerce, n’était pas une intervention temporaire pendant le Marché de Noël, mais une intervention permanente et définitive pour donner encore davantage d’espace aux voitures et leur donner une liberté totale en plein cœur de Bruxelles. Entre-temps, les blocs en béton ont été remplacés par des potelets. Prochainement, un passage pour piétons et une piste cyclable seront peints, ce qui revient à une mutilation de ce magnifique boulevard cyclable et de promenade de verdure. Mais, évidemment, il s’agit de bien plus qu’une pure intervention esthétique : la situation qui est créée met la vie des gens en danger et augmente de manière significative le nombre potentiel de conflits de la circulation, tant entre les voitures et les trams, qu’entre les voitures entre elles, et last but not least : entre les voitures et les piétons (en ce compris, les enfants qui jouent) et les cyclistes. Ce n’est qu’une question de temps – et je pèse mes mots – avant que le premier accident grave ne se produise sur le Quai du Commerce. Dans cette optique, la dénomination « Quai de la mort » n’est pas exagérée. Un père de famille m’a fait savoir que ses 2 enfants, en train de jouer, avaient failli atterrir sous une voiture. Il est en colère – et à juste titre. J’ai habité pendant 10 ans dans le quartier des quais, et je peux vous dire que l’incompréhension, la colère, le désespoir des riverains sont énormes concernant cette intervention.  Ce Collège a créé, sur demande de Madame Ampe, un circuit routier, du KVS au boulevard d’Ypres dont les voitures font un usage enthousiaste.

Selon Madame Ampe, « la situation était déjà dangereuse auparavant, et il n’est dès lors pas grave de rendre la place encore plus dangereuse.  Oui, vous avez bien lu. Cela défie vraiment toute imagination. Mis à part l’absurdité de ce genre de raisonnement, la visibilité des trams – qui prennent un grand virage sur la place – pour les piétons et les cyclistes est beaucoup plus grande que celle des voitures qui tournent immédiatement après les arbres. J’ai également entendu Madame Ampe dire que ce serait mieux pour la « symétrie ». En Anglais, on dirait :  cut the crap. Ce n’est pas pour la symétrie, c’est pour l’automobiliste. Un enfant le comprendrait.

Mes questions à Madame Ampe :

  • J’ai de plus en plus souvent du mal à saisir ce qui se passe dans votre cerveau, mais ici, je me demande vraiment : pourquoi ? POURQUOI ? L’argument selon lequel c’est le KVS qui avait demandé cette intervention, semble être un mensonge. S’agit-il dès lors réellement de ces quelques voitures qui, auparavant, devaient effectuer un détour jusqu’à Yser, et perdaient ainsi une minute ? Y a-t-il des personnes qui ont demandé cette nouvelle traversée ? En tout cas, je ne les ai pas encore entendues. En fait, a-t-on consulté quelqu’un ? Les riverains, les commerçants, les familles qui passent ici quotidiennement ? Pourquoi avez-vous rejeté d’un revers de la main un projet à succès, demandé et soutenu par le quartier, sans aucune forme de concertation ? Sur quoi vous basez-vous ? Sur quels nouveaux faits ?
  • La « Promenade verte », comme on appelait, initialement le Quai du Commerce lors de son réaménagement, était un projet qui avait été ajouté au contrat de quartier « Les Quais », à la demande des riverains. Ce contrat de quartier était en vigueur de 2010 à 2014. L’ordonnance régionale relative à « l’organisation de la revalorisation urbaine » stipule que la Région peut récupérer des moyens lorsque des projets réalisés dans le cadre d’un contrat de quartier sont annulés/démolis. Le Ministre-Président, Rudi Vervoort, a fait savoir au Parlement bruxellois que les subventions régionales pour le réaménagement du Quai du Commerce seront récupérées si la situation actuelle est maintenue. La Ville choisit-elle de rembourser cet argent ou de rétablir la situation initiale ?
  • Pourriez-vous me dire si un avis a été demandé à la police concernant cette situation routière modifiée ? Si tel était le cas, à quelle date cet avis a-t-il été émis et quelle en était la portée générale ? Cet avis était-il positif ou négatif et quelles sont les remarques formulées par la police concernant la sécurité routière ?
  • Pourriez-vous me dire si l’administration Mobilité de la Ville de Bruxelles a rendu un avis sur cette situation routière modifiée ? Si tel était le cas, à quelle date cet avis a-t-il été émis et quelle en était la portée générale ? Cet avis était-il positif ou négatif et quelles sont les remarques formulées par l’administration concernant la sécurité routière ?
  • Je soupçonne que ce point a été porté à l’attention du Collège sans avis préalable de l’administration ni de la police, ce qui en cas de situation routière modifiée et de grands risques en matière de sécurité routière, est pourtant obligatoire. Êtes-vous disposée à rendre publique la décision du Collège concernant ce point ?
  • Avez-vous demandé un avis préalable à la STIB concernant le risque accru d’accidents entre les voitures et les trams ? Par avis, j’entends une demande officielle et techniquement étayée et un avis motivé, pas d’e-mail de trois ligne avec une photo de Google Maps sur laquelle une grosse flèche est dessinée.
  • Le Ministre bruxellois de la Mobilité, Pascal Smet, vous a déjà écrit deux courriers dans lesquels il vous demandait de rétablir la situation routière initiale. Ces deux courriers sont restés sans réponse. Le Ministre Pascal Smet a également fait savoir que la situation actuelle est illégale, vu qu’une modification de ce type doit être approuvée par le Ministre régional de la Mobilité après qu’une commission consultative s’est prononcée sur le sujet. Plus précisément : il faut demander un règlement complémentaire à la circulation routière. Ceci n’a pas eu lieu. Comment envisagez-vous de remédier à cette situation illégale ?
  • Le Bourgmestre est-il conscient du fait que, vu que la procédure prévue n’a pas été suivie, que les avis nécessaires n’ont pas été demandés ou non suivis, vu l’illégalité de la situation actuelle, il peut être personnellement tenu pour responsable pénalement si un accident survenait ? Comme je l’ai dit, ceci n’est qu’une question de temps.

Les riverains planifient une action de protestation le dimanche 25 mars 2018 et ne sont pas disposés à accepter la situation. Ils ont entièrement raison. Cette intervention est non seulement hallucinante et irrationnelle, mais elle est également illégale et met la vie des gens en danger. J’espère dès lors que vous supprimerez à nouveau rapidement cette traversée et rétablirez la promenade verte dans son état initial.